*Tricot-Thé Serré est un jeu de mots. Tricoté serré signifie « un groupe très uni ». Dans le nom de la boutique, la dernière syllabe du premier mot est remplacée par le mot « thé », pour ajouter une dimension supplémentaire.
Mélissa propose de nombreux ateliers dans sa boutique (crochet, tricot, etc.) et de la laine, évidemment, mais aussi des fils à broder, des thés, des articles faits main par des artistes québécois, et bien plus encore selon la saison.
J'ai demandé à Melissa de me parler d'elle et de sa boutique. Voici ce qu'elle a dit.

(Q) Merci beaucoup d'avoir accepté ! Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter brièvement et nous parler de votre lien avec le monde de la fibre ?
(A) Je m’appelle Mélissa Desrochers-Bolduc. Je suis propriétaire de Tricot-Thé Serré, une boutique de laine à Sherbrooke. Je tricote, je fais du crochet, je feutrais et je file depuis Twist l’été dernier. J’aime la fibre en général ; j’aime la beauté des textures et des couleurs qu’elle offre. C’est passionnant de partir d’une fibre, quelle que soit sa forme, et de créer quelque chose avec.
Ma grand-mère m'a appris les bases du tricot quand j'étais petite. J'adorais commencer un ouvrage quand on lui rendait visite. C'était elle qui montait les mailles pour moi. J'ai complètement oublié ça en grandissant, mais la passion est revenue en force des années plus tard !
(Q) Parlez-moi de votre vie familiale ?
(A) Je vis à Sherbrooke avec mon conjoint et ma fille (nous attendons notre deuxième fille pour septembre ! Félicitations ! ), mon chien et mon chat un peu fou :) J'ai appris à tricoter à ma mère (oui, ce n'est pas l'ordre habituel) et j'ai hâte d'apprendre à mes filles. Je rêve du jour où nous serons toutes les quatre réunies, chacune avec son ouvrage. J'espère que mes filles aimeront tricoter ! Je ne les forcerai pas, mais j'y travaille ! Ma fille, qui vient d'avoir 3 ans, aime déjà imiter maman et son crochet, alors il y a de l'espoir !
(Q) Qu'est-ce qui vous a fait passer du crochet et du tricot à la propriété d'une boutique de tissus locale ? Et comment avez-vous trouvé le nom ?
(A) J'ai ouvert Tricot-Thé Serré en mars 2011. Nous avons longuement réfléchi au nom, et celui que nous avons choisi nous a semblé parfait. Il représentait tout ce que nous espérions réaliser avec la boutique : un lieu de rencontre pour les passionnés de tricot, de crochet, d'échange et de création de liens. Et nous y sommes parvenus ! Nous souhaitions également nous impliquer socialement, en soutenant des causes qui nous tiennent à cœur par le biais de nos organisations familiales. L'expression « serré et uni » fait partie intégrante de cette province ; c'est une valeur essentielle pour ma famille et moi. Sans eux, je n'aurais pas pu mener ce projet à bien. Nous adorons ce nom. Nous n'aurions pas pu trouver mieux.
En fait, ce projet a commencé parce que je suis un peu hyperactive (du moins, c'est ce qu'on dit, mais je ne suis pas d'accord et je maintiens qu'il n'y a aucune preuve). Avant, j'étais enseignante spécialisée et je travaillais pour l'inspection académique. Mon premier été à ce poste, je me suis retrouvée avec deux mois de vacances. Au début, c'était sympa, mais ensuite, tous mes amis travaillaient, il a beaucoup plu et je me suis vite ennuyée. J'ai commencé à chercher une occupation et je me suis souvenue que je tricotais, et que je trouvais ça plutôt chouette. Je suis allée voir ma grand-mère, j'ai acheté de la laine, des aiguilles, des livres, je me suis installée devant YouTube et j'ai commencé à tricoter. Et je n'ai jamais arrêté ! J'ai commencé à créer de plus en plus et les retours étaient excellents. Je ne trouvais pas de laine à mon goût dans la région et je me suis dit que je ne devais pas être la seule à devoir quitter la ville pour en acheter. J'ai étudié le marché, j'ai suivi une formation pour créer une entreprise… et j'ai créé la mienne !
(Q) Quelle place occupe le crochet dans votre vie et dans votre boutique ?
(A) Je fais autant de crochet que de tricot. Je trouve que les deux se complètent. Le crochet est de plus en plus populaire. On le trouve plus facile à apprendre, ou à corriger en cas d'erreur, et c'est rapide. Il a encore mauvaise réputation auprès de certains (on le considère comme un loisir réservé aux napperons, aux fils à tricoter, ou encore comme un ouvrage toujours plein de trous), mais ce que l'on voit aujourd'hui est bien différent, et cela contribue à changer l'image du crochet. J'enseigne le crochet à la boutique et j'essaie de trouver des projets qui enthousiasment les gens et leur donnent envie d'essayer. C'est tellement amusant !
(Q) Vous avez mentionné plus haut que vous vous intéressez beaucoup aux arts textiles. Pratiquez-vous d'autres activités artistiques ou est-ce trop demander à une seule personne ?
(A) En plus de consacrer tout mon temps à la boutique, je trouve encore le temps de créer des bijoux. J'ai une collection de pièces sous la marque « La pièce unique ». La création de bijoux a d'ailleurs été le point de départ de la boutique : j'ai commencé à en créer en même temps que je me suis mise au tricot. J'aime mélanger les deux : ajouter de la laine, des boutons, des éléments crochetés ou tricotés à mes créations.
(Q) Je veux que les gens puissent se faire une idée de qui vous êtes avant d'aller dans votre boutique à Sherbrooke. Alors, dites-moi quelques choses surprenantes à votre sujet...
(A) J'emporte toujours un projet avec moi, au grand désespoir de ma famille. Cela fait partie de moi. En général, je range mes projets en cours avant mes vêtements quand je dois partir.
J'ai toujours beaucoup trop d'ouvrages en cours. J'ai pas mal de sacs à projets, et j'essaie (le mot clé est « essaie ») de me limiter au nombre d'ouvrages en cours par sac. Plus de sacs ? C'est que j'ai déjà assez d'ouvrages en cours. J'aime aussi assortir mes projets. J'aime que mon sac soit assorti à ma laine. Il m'arrive de les intervertir parce qu'un projet semble mieux aller dans un autre sac… Je ne suis pas la seule, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ? (***Non… Non.)
J'ai peur d'avoir un accident du travail après lequel je ne pourrais plus tricoter. J'alterne entre le crochet et le tricot et je m'impose des pauses régulières.
Et une dernière chose que je voulais dire aux passionnées de tricot. C'est quelque chose que je dis à mes clientes qui veulent cacher leurs tickets de caisse pour que leurs maris ne voient pas qu'elles ont encore acheté de la laine. N'oubliez jamais que vos 100 € de laine représentent des heures et des heures de thérapie ; un investissement bien plus judicieux qu'un psy, et tout aussi bénéfique pour vous !

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La Pièce Unique, collection de bijoux
Ou visitez sa boutique de laine :
Tricot-Thé Serré - 201, Jacques-Cartier Sud, Sherbrooke (QC)